Mon Parcours

Gravir la montagne

Sortir du Marais

Je suis dyslexique et j'ai bien cru que jamais je ne saurais lire et écrire, a force d'effort, de rendez-vous d'orthophoniste, j'ai peu à peu appris. J'ai toujours travailler avec acharnement pour des résultats décevants.

Ma dyslexie m'a aussi beaucoup apportée :

Beaucoup de créativité, une vision en 3D, de la persévérance avec une croyance "j'ai appris à lire donc je peux tout apprendre", une grande facilité en mathématique et dans les matières techniques, et une faculté à changer de paradigme rapidement.

 

 

Trouver le chemin

 

Choisir les métiers d'arts

Ado quand on me demandais si j'étais bonne élève, je répondais que j'étais nul et brillante à la fois. Cela à limité mes possibilités d'études, car mon orthographe m'handicapait trop pour des études générales, deux directions possibles soit les maths, soit les métiers d'arts.

J'aime les math, c'est une poésie, je me laisse couler sur l'abstraction, je me plonge dans l'infini, je suis fascinée par ces mondes, mais ce qui me happe c'est la géométrie regarder des objets sous tout leur angles, déplier les formes développables.

Les métiers d'arts c'était faire comme mon père, la même école, le chemin était moins évident, mais plus concret, fabriquer des choses m’apaise, me concentre. Et l'infini réside dans les possibilités.

J'ai réussi le concours d'entrée à l'école Boulle, puisque cette porte s'ouvrait j'ai décidée de suivre ce chemin.

 

Atteindre le sommet

J'ai adoré faire mes études à Boulle. Je m'étais toujours sentie différente et là je me sentais normal même un peu trop "normal", je faisais enfin partie d'un tableau plein de couleur, plein de forme avec enfin des cours qui m’intéressais.

Je me posais, m'intégrais et déployer mes ailes.

J'ai choisi le métal dur, froid, difficile. Pour le couper de grosses machines, pour l'assembler le feu. Mon atelier a été la conception application métal , en faite j'ai choisi une personne plus qu'une technique ou un matériaux, Monsieur Pommier, j'ai aimé sa vision du monde " ce que vous apprenez ici est une manière de penser, vous pourrez l'utiliser de bien des façons plus tard".

C'est le temps de toutes les premières fois, couronnée par mon diplôme accompagné des félicitations du jury.

 

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La chute

La descente

Ma première expérience professionnelle en métier d'art à été traumatisante.

J'en suis ressortie en état de stress post traumatique, avec des hallucinations sonores, olfactives et visuelles. A cette époque je n'ai pas fait de thérapie, c'est comme ci je n'étais plus en état de penser, nous travaillions 50 a 70h par semaine, ma dys ne me permet pas des périodes de concentration très longue dans un même domaine. J'avais appris a tenir coût que coût, jusqu'au bout, bien au delà de mes limites. Et puis J'ai craquée là une nuit, au milieu d'un musée vide à deux heures du matin en attendant que l'équipe veille bien rentrée.

Le lendemain j'étais prête à faire mes valises, mais mon patron m'a rattraper entre compliments et culpabilisation je suis restée, je ne savais lâcher, je ne savais lâcher.

J'ai posé mes conditions, 8h de travail par jour, puis le harcèlement s'est amplifié mais à ce moment là j'étais déjà dissociée.

Puis est venu la claustrophobie, être enfermée là pour toujours, pour toujours.

Quand j'ai enfin lâché ce travail, j'étais sonnée, vide, hébétée. Hébétée de tout ce temps vide, de tous ce temps pour moi "Ca va aller, ca va aller, ca va aller".

Mes choix ont ensuite été guidé par ce trauma, je n'ai plus jamais été salarié en métier d'art, plus de petit patron dans une petite boite. J'ai retenter de travailler le métal mais au fil de la journée j'avais l'impression de m'empoisonner. Je ne supporte plus l'odeur du métal.

 

Comme une boule de flipper

J'ai choisi de séparer la création, du travail rémunéré, de faire des métiers qui ont du sens mais qui ne sont pas des métiers passions.

Il m'est bien compliqué de retrouver la chronologie de cette période, c'est comme ci j'avais vécu 20 vies sur ce temps. Tout ce mélange c'est une période borderline avec des passages rapides, des ruptures, des changement de cap et des activités parallèles. Sur la fin de la période je travaillais 27h par semaine, donnais des cours certains soir et le dimanche, proposait des stages durant les vacances et retapais un appartement le reste du temps.

Durant cette période j'ai erré, je suis partie en voyage à l'exploration des techniques et des matériaux que je ne connaissait pas l'ébénisterie, la couture, la résine, le plâtre... la plomberie, l’électricité...

Sortir du trou

Lors des dernières années de cette période je me suis reconstruite en tant qu'aide éducatrice en maternelle, j'ai appris à marcher au rythme des petits, j'ai appris à prendre le temps, à écouter le silence, à écouter les enfants.

Le vide

J'aurais pu restée là pour toujours, dans ce cocon, m'offrant sécurité et temps, mais c'était un contrat temporaire et j'ai choisi de partir avant la fin pour un plan qui ne s'est pas fait...

Puis le vide, la colère contre moi, contre ce plan, c'était la deuxième guerre du golfe, j'avais enfin décidée d'allée vers ce qui m’intéressais, mais tout les projets étaient figés en attente...

Comme aucune porte ne s'ouvrait, j'ai décidé de me créer mon emploi.

Redessiner le paysage

Reconstruire les fondations

L'enseignement

J'enseigne depuis la troisième, d'abord des cours de math puis d'informatique, puis des cours de danse de couple, j'ai crée des stages artistiques avec conte, art plastique, jeux théâtrale...

J'adore enseigner, trouver l'endroit du blocage pour les math, en danse c'est faire ressentir le mouvement juste, j'aime travailler sur les sensations.

J'ai décidée de créer un lieu, une association, des cours, des interventions scolaires... avec une équipe.

 

En parallèle j'ai démarré une psychothérapie, qui m'a transformée. J'ai pu m'ancrer, reconstruire mes fondations, nettoyer les squelettes dans les placards, soigner mes traumas.

Ca m'a tellement intéressée que j'ai décidée de me former en Gestalt Thérapie.

Changer de paysage

L'exode

Au bout de 16 ans à gérer et animer l'association, ainsi que démarrer ma carrière de Gestalt thérapeute, ma vie était confortable mais j'avais besoin d'espace et de vivre les pieds sur terre. Avec mon compagnon et mon fils nous avons décidé de changer de région.

Nous voici en Maine et Loire depuis 2019.

Après quelques gros travaux, j'ai enfin un cabinet pour la psychothérapie et un grand atelier plein de machine me permettant de concretiser mes idées.

 Exposer, m'exposer

Le chemin à été long et difficile, j'y travaille depuis 20 ans, exposer, m'exposer. Mon thème lui est présent depuis 32 ans, c'est celui des contes de fée. Je les ai débarrassé d'une morale encombrante, je les choisi facétieux, décalé, j'y représente mes travers, ceux du monde, je les invitent à nous raconter leur histoire.

 

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